Les fontaines du ciel en gerbes de nuages Le tapis des canaux dans leur eau noire et verte Et les rues suspendues au détour des mirages Une aube qui attend au fond des nuits désertes Les maisons décrochées qui plient dessus les têtes Comme des nids tombés d'un abri éphémère Et la joie qui se meurt dans l'impossible fête Au creux des pas perdus au plus loin de la mer Les boussoles brisées par des mains malhabiles Dans les bruits sans musique et les pâles lumières Et l'appel angoissé des matins immobiles Pour des passants noyés dans de vaines chimères Les fleurs dans les jardins comme gouttes de sang L'horloge qui gémit dans l'espace figé Et la course qui cesse au musée de Vincent Les corbeaux dans le champ d'une toile rongée |