lespoems

Les fontaines du ciel en gerbes de nuages
Le tapis des canaux dans leur eau noire et verte
Et les rues suspendues au détour des mirages
Une aube qui attend au fond des nuits désertes

Les maisons décrochées qui plient dessus les têtes
Comme des nids tombés d'un abri éphémère
Et la joie qui se meurt dans l'impossible fête
Au creux des pas perdus au plus loin de la mer

Les boussoles brisées par des mains malhabiles
Dans les bruits sans musique et les pâles lumières
Et l'appel angoissé des matins immobiles
Pour des passants noyés dans de vaines chimères

Les fleurs dans les jardins comme gouttes de sang
L'horloge qui gémit dans l'espace figé
Et la course qui cesse au musée de Vincent
Les corbeaux dans le champ d'une toile rongée

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