| Quand le soir paraît, quand le noir surgit, Descendent des coteaux les heures allongées Qui consument mon âme, comme une flamme la bougie, Dans le creux de mon crâne, en pensées affligées. Remontent les échos du profond de la nuit Qui encombrent mon âme, comme un mort le cercueil, Dans le creux de mon crâne, en un coupable ennui, A la voix de ces chers dont on na fait le deuil. Descendent des plateaux les parfums abîmés Qui emplissent mon âme, comme les vers la victime, Dans le creux de mon crâne en de lointains regrets, De ces fleurs asséchées des bouquets que nous fîmes. Remontent les sanglots du profond de mon corps Qui submergent mon âme, comme une vague le sable, Dans le creux de mon crâne, en damers remords, Aux souvenirs tenaces qui longtemps nous accablent. Descendent dans mon dos les frissons redoutés Qui épouvantent mon âme, comme un spectre la vieille, Dans le creux de mon crâne, en brèves visions glacées, Des peurs dans le soir quand ne vient le sommeil. | | |